Parfois, les dégâts ne sont pas évidents. Ce n’est pas juste des cris ou des violences physiques. Il y a des blessures qui ne laissent pas de marques sur la peau, mais qui s’enfoncent comme des épines dans l’âme. L’indifférence, par exemple, est l’une des pires formes de violence émotionnelle. De nombreux adultes plus âgés rapportent qu’après l’âge de 60 ans, ils ont l’impression que leur famille commence à les voir comme un fardeau. Soudain, ce qui n’était qu’une conversation devient un « maintenant je ne peux plus ». Ce qui était autrefois une visite s’est transformé en « un autre jour est passé ».
Et ainsi, petit à petit, le silence s’installe dans la maison.
Et le cœur est rempli d’un poids que personne ne voit.
Le manque de patience est aussi l’un des dommages les plus courants. Dans de nombreux foyers, des changements d’âge normaux — comme ralentir, répéter une idée ou avoir besoin de plus d’explications — suscitent chez certains membres de la famille une irritation qu’ils n’auraient jamais eue avec un inconnu. C’est triste, mais cela arrive plus souvent qu’on ne l’imagine. Les personnes âgées commencent à avoir l’impression de déranger, de gêner, de voir leurs besoins « un problème » pour les autres. Et ce sentiment, répété chaque jour, laisse de profondes blessures.
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Mais il y a quelque chose qui fait généralement plus mal que n’importe quel mot : le sentiment d’être exclu.
Après l’âge de 60 ans, beaucoup de gens disent que la famille commence à prendre des décisions sans les consulter. Des choses simples — quoi manger, quoi acheter, quand sortir — aux décisions sérieuses : changements dans la maison, problèmes financiers, voire des décisions médicales. Soudain, ils cessent d’être les protagonistes de leur propre vie. Et cela, émotionnellement, est dévastateur.
Ce n’est pas toujours une question de rancune. Parfois, les enfants pensent qu’ils « aident », mais ce faisant, ils privent l’adulte plus âgé du sentiment de contrôle, d’indépendance, de dignité. Et la dignité n’est pas à prendre à la légère.
Il y a aussi des familles dont les dégâts sont déguisés en « inquiétude ». Des gens qui critiquent, corrigent ou imposent constamment leur façon de voir les choses « pour votre bien ». Mais un contrôle excessif devient une prison émotionnelle. Personne, quel que soit son âge, ne veut avoir l’impression de ne plus pouvoir décider par lui-même.
Et puis il y a un autre type de dommage, dont on parle à peine car beaucoup le vivent en silence : les abus économiques. Après l’âge de 60 ans, lorsque certains parents ne contrôlent plus totalement leurs comptes, des proches apparaissent et y voient une opportunité. Des cartes utilisées sans permission. L’argent qui disparaît. Des biens vendus sans explication. Il y a des histoires qui brisent l’âme, car ce ne sont pas des étrangers. Ce sont des enfants, des neveux, des frères et sœurs… Des gens en qui on a fait confiance toute leur vie.
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